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Retour sur les Rencontres 2026 du réseau francophone de Faro : paysage, droit et communs

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Paysage, droit et communs

Du 8 au 10 juin 2026, le Grand Site de France Bibracte-Morvan des Sommets a accueilli les Rencontres annuelles du réseau francophone de Faro. Durant trois journées, une cinquantaine de participants - représentants du Conseil de l'Europe, chercheurs, collectivités, associations, gestionnaires de sites patrimoniaux et acteurs locaux - se sont réunis pour échanger et travailler autour du thème : « Paysage, droit et communs ».

L’événement s’est ouvert sur une « balade attentionnée » organisée par les associations Chemins, le Facteur rural et le collectif des 400 mètres, autour du village de Glux-en-Glenne à la rencontre des habitants et de leurs récits d'attachement au paysage du Grand Site. Depuis plusieurs années, ces balades patrimoniales sont le fruit d’un travail de coopération entre habitants, associations et communes du Grand site de France grâce auquel sont programmés des spectacles, des expositions, des ateliers, des rencontres avec des scientifiques invités, où témoignent professionnels et passionnés. Elles sont coordonnées par Chemins  dans le cadre de la programmation Art et territoire du Grand Site. Cette sortie de terrain, sous format d’un « making off » d’une balade, a permis une approche concrète et située pour aborder les notions clés de la Convention de Faro de communauté patrimoniale et de participation citoyenne.

La rencontre s’est ensuite poursuivie avec une intervention de Marie Cornu, directrice de recherche au CNRS qui a proposé une lecture croisée de la Convention de Faro et de la Convention européenne du paysage. Son analyse a mis en lumière les liens entre ces deux instruments du droit européen et les modalités de leur réappropriation par les acteurs d’un territoire au service des communs, entendus, dans la lignée des travaux d’Elinor Ostrom, comme des ressources indissociables d’une communauté qui en assure la gouvernance selon des règles partagées. 

Le progamme a également donné la parole à plusieurs chercheurs, praticiens et porteurs d'initiatives qui expérimentent ces formes de gouvernance partagée. Des études de cas ont permis d’illustrer la manière dont les communautés patrimoniales mobilisent le droit pour faire du paysage un commun, c’est-à-dire un patrimoine partagé, façonné par des usages, des responsabilités et les engagements collectifs des communautés qui l’habitent.

Les exemples présentés ont porté sur la sauvegarde et la valorisation de systèmes fonciers collectifs ancestraux, favorisant une gestion sobre des ressources locales et le renforcement de la cohésion sociale ; sur la co-construction des savoirs et des dynamiques de gouvernance dans le cadre d'une démarche d'inscription des savoir-faire liés à l'irrigation traditionnelle sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO ; sur une recherche participative menée dans le Morvan autour de la gestion autonomisée de l'eau à l'échelle héritée du dispositif des Associations syndicales libres ; ainsi que sur la manière dont des communautés patrimoniales se constituent autour de sites patrimoniaux, grâce à la production de récits pluriels et à la construction d'une mémoire plus inclusive.

Par ailleurs, lors d’un atelier participatif animé par la Maison du Patrimoine oral de Bourgogne, les membres du réseau ont pu dialoguer avec des associations locales engagées dans la gestion et la transmission du patrimoine bioculturel du Morvan. Certaines des initiatives représentées participent notamment à des programmes de recherche-action menés par Bibracte et ses partenaires au sein du laboratoire territorial du Grand Site de France de Bibracte-Morvan des Sommets pour expérimenter les principes portés par la Convention de Faro et interroger de nouvelles formes de gouvernance participative des paysages.

Enfin, la dernière journée du programme a été consacrée au séminaire interne du réseau, ainsi qu’à une visite du site archéologique et naturel de Bibracte.

Les échanges initiés à Bibracte viendront nourrir les travaux du réseau francophone de Faro sur ces thématiques ainsi que les expérimentations faites par le Grand Site de France, notamment dans le cadre du programme de recherche SECreTOUR auquel Bibracte participe.

Cet événement a été organisé dans le cadre du projet de recherche européen SECreTOUR (2024-2027 - grant agreement no. 101132584) auquel Bibracte participe et qui s’intéresse au rôle des communs patrimoniaux dans le développement des territoires ruraux.

En savoir plus : 

A propos du Réseau Faro francophone :

Le « Réseau Faro francophone » réunit des organisations de la société civile, des institutions et des collectivités attachées à une conception vivante et démocratique du patrimoine, empreinte de diversité et d’humanité. C’est un espace de partage et de convivialité unique qui met à distance les relations parfois hiérarchisées entre communautés et expert.es, entre habitant·es et institutions. Sur l’exemple du réseau Faro paneuropéen, les membres du Réseau Faro Francophone promeuvent l’adhésion aux principes de la Convention de Faro du Conseil de l'Europe, notamment par les collectivités dans le cadre des politiques publiques qu’elles engagent. Le réseau se déploie à partir des apports de ses membres qui collaborent et échangent connaissances et outils. Il contribue à mettre en synergie les initiatives de chacun·e à travers des actions communes et des recherches partagées. Le réseau veut, ainsi, conformément aux principes posés par la convention de Faro : favoriser la reconnaissance mutuelle et les interactions entre les communautés patrimoniales, d’ici et d’ailleurs ; démocratiser la gouvernance du patrimoine au sein des politiques publiques en veillant à mettre au travail les droits culturels fondamentaux des personnes.