Rencontre annuelle 2026 du réseau francophone de Faro

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Le Grand Site de France de Bibracte-Morvan des Sommets accueillera du 8 au 10 juin la rencontre annuelle 2026 du réseau francophone de Faro qui aura pour thème "Paysage, droit et communs".
 

Paysage, droit et communs

Face à la montée en puissance des enjeux écologiques et sociaux, émergent de nouvelles façons d’habiter, de gérer et de valoriser les territoires. Parmi elles, l’approche par les communs, qui se développe de plus en plus en France et en Europe, reconnaît l’existence de ressources territoriales (matérielles, immatérielles, sociales ou environnementales) dont la valeur repose sur des usages partagés et sur l’implication durable des communautés locales. En s’inscrivant dans la lignée des travaux d’Elinor Ostrom, le commun est ici compris comme une ressource indissociable d’une communauté qui en assure la gestion selon des règles partagées et il n’existe qu’à travers les pratiques sociales qui le produisent : le commoning. 
Dans les territoires ruraux, le paysage peut être envisagé comme un patrimoine territorial susceptible de devenir un commun, dès lors que les habitants, usagers et visiteurs se constituent en communauté patrimoniale au sens de la Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, dite Convention de Faro, adoptée en 2005. Conformément à la Convention européenne du paysage, le paysage est ici considéré en tant que milieu habité façonné par des usages, riche de pratiques sociales et bénéficiaire d’attachements partagés. 

A travers cette approche, les attachements et les usages des communautés territoriales sont reconnus comme des conditions essentielles à la qualité et à la résilience des paysages et les formes de gestion collective positionnent le patrimoine territorial non seulement comme un bien dont il faut « prendre soin », mais aussi un espace de régulation et de revendications sociales dans lequel les communautés expriment leurs valeurs, engagements et responsabilités. En retour, l’attachement des habitants à leur lieu de vie est un facteur avéré de bien-être, et aussi de cohésion sociale dès lors que cet attachement est partagé au point de constituer ces habitants en une communauté patrimoniale active.
La Convention de Faro, la Convention de Florence ainsi que les cadres internationaux relatifs au patrimoine culturel immatériel et à la biodiversité peuvent trouver dans l’approche par les communs une grille de lecture renouvelée pour repenser le droit et les politiques publiques de gestion des paysages.

La participation à cette rencontre technique a été organisée sur invitations. La session réunira une trentaine de participants, comprenant un représentant du Conseil de l’Europe, des membres du groupe francophone de Faro (collectivités et associations), des scientifiques et plusieurs représentants des parties prenantes du Grand Site de France de Bibracte-Morvan des Sommets. Un compte-rendu sera effectué à l'issue de la réunion.
 

PROGRAMME 

Lundi 8 juin 2026 - Glux-en-Glenne

20h15-22h30 - Dîner buffet rencontre à la cafétéria de Bibracte (Glux-en-Glenne)

Mardi 9 juin 2026 - Glux-en-Glenne et Saint-Léger-sous-Beuvray

8h30-9h00 : Mots d’accueil et introduction du séminaire - centre de recherche (Glux-en-Glenne) 

9h00-12h30 - Balade attentionnée en compagnie de l’association Chemins autour du village de Glux-en-Glenne 

L’association Chemins nous présentera le « making off » de l’organisation d’une « balade attentionnée » et donnera la parole aux membres de la communauté patrimoniale locale du « Morvan des sommets ». Depuis 2021, ces balades sont le fruit d’un travail de coopération mené avec des habitants, des associations et des communes du Grand site de France grâce auquel sont programmés des spectacles, des expositions, des ateliers, des rencontres avec des scientifiques invités, où témoignent professionnels et passionnés. Elles sont coordonnées par Chemins dans le cadre de la programmation Art et territoire du Grand Site. Avec cette balade entre bocage, couvert forestier et hameaux morvandiaux, nous partirons écouter les récits d’attachement des habitants et nous découvrions des expériences qui leur permettent de s’associer aux démarches de préservation du patrimoine territorial.  

12h30-14h00 - Déjeuner à la cafétéria de Bibracte (Glux-en-Glenne)

14h00-18h00 - Un paysage peut-il devenir un commun ? - centre de recherche (Glux-en-Glenne)
Possibilité d’assister à cette session en visio de 14h00 à 16h30

14h00-15h00 - Convention de Faro et Convention de Florence, quelles interactions dans l’institution du paysage en commun ?

14h00-14h30 - Introduction de la thématique par Marie Cornu, directrice de recherches au CNRS, chercheuse à l’institut des sciences sociales du politique, spécialiste du droit du patrimoine culturel 
Il s’agit de comprendre les liens qu’entretiennent la Convention cadre de Faro sur la valeur du patrimoine culturel pour la société (2005) et la Convention de Florence sur le paysage (2000, amendée en 2016). Qu’ont en commun ces deux instruments ? En dépit de leurs trajectoire et logique propres, ils prennent tous deux en charge la question du rapport entre le patrimoine et les acteurs qui y ont non seulement un intérêt mais aussi une responsabilité. D’abord, le paysage comme catégorie patrimoniale est pour la première fois défini en tant que « composante fondamentale du patrimoine culturel et naturel de l’Europe » selon la Convention de Florence. Ensuite, l’idée des communs est présente dans les deux textes, même si les vocabulaires varient de l’un à l’autre, même si elle est sans doute plus aboutie dans le texte de Faro. Enfin la relation au territoire, l’enjeu de l’action en territoire, crucial dans les deux textes, opère un changement d’échelle. Le cercle des acteurs impliqués s’élargit dans un système resté très longtemps centralisé. Dans cet exercice de lecture croisée, on peut se poser la question des interactions possibles entre deux sources de production du droit européen. Comment finalement se réapproprier ce matériau composite au service des communs ? Plus spécialement, comment, sous ce double prisme, appréhender cette nouvelle catégorie juridique de paysage ? Quelle place pour les communautés ? Que fait le droit ou plutôt quels usages du droit font du paysage un commun ? 

 14h30-15h00 - De Faro à Florence en passant par Bibracte et le Morvan des Sommets 
Mise en perspective par l’équipe du Grand Site de France et échanges avec les participants 

15h00-16h00 – Partage d’expériences sur les pratiques de commoning des communautés patrimoniales dans les paysages bioculturels : quels espaces de coopérations, de mutualisation et de responsabilités partagées. Échanges avec les participants

o   Jean-François Joye, Professeur de droit public, co-directeur de la Chaire VALCOM (Valoriser les communs fonciers - Université Savoie Mont Blanc) avec Marc Debray et Alain Degorce, ayants droit de sections de commune, représentants de l’Association culturelle des villages de Retournac. 
o   Le réseau de l’Association des Centres culturels de rencontre – Vers une responsabilité patrimoniale partagée. Retours sur une expérimentation autour des méthodes d’approche des patrimoines intégrant les enjeux liés au développement territorial ainsi que la question de la construction avec les habitantes et habitantes et les usagers et usagères des sites de récits pluriels et d’une mémoire inclusive : la balade matrimoniale polyphonique du château de Goutelas. Camille Blin, Chargée de communication et d’animation du réseau - Association des Centres culturels de rencontre et Sarah Wassertrom, Responsable de l’action culturelle et de la programmation au Château de Goutelas.
o   La démarche d'inscription des savoir-faire liés à l'irrigation traditionnelle dans l'inventaire national de la France puis sur la liste représentative du PCI de l'UNESCO. Enjeux de co-construction des savoirs, des dynamiques de gouvernance et de la fonction des savoirs. Francesca Cominelli, maîtresse de Conférences en économie (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et Aurélie Condevaux, maîtresse de conférences en anthropologie (Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

 16h-16h30 : pause-café 

16h30-18h00 - Atelier de réflexion collective sur le processus de commoning territorial. Animation par l’équipe de la Maison du patrimoine oral de Bourgogne mpo-bourgogne.org 
 
18h30-19h45 - Visite du musée de Bibracte

20h00-21h30 - Soirée au musée de Bibracte

Mercredi 10 juin 2026 - Glux-en-Glenne et Saint-Léger-sous-Beuvray

8h30-12h30 - Séminaire interne du réseau au musée de Bibracte

12h30 -14h30– Visite du site archéologique et naturel de Bibracte – Mont-Beuvray et pique-nique 

15h15 : Départ de la navette organisée par Bibracte pour la gare TGV du Creusot
 


A propos du Réseau Faro francophone : 
Le « Réseau Faro francophone » réunit des organisations de la société civile, des institutions et des collectivités attachées à une conception vivante et démocratique du patrimoine, empreinte de diversité et d’humanité. C’est un espace de partage et de convivialité unique qui met à distance les relations parfois hiérarchisées entre communautés et expert.es, entre habitant·es et institutions. Sur l’exemple du réseau Faro paneuropéen, les membres du Réseau Faro Francophone promeuvent l’adhésion aux principes de la Convention de Faro du Conseil de l'Europe, notamment par les collectivités dans le cadre des politiques publiques qu’elles engagent. Le réseau se déploie à partir des apports de ses membres qui collaborent et échangent connaissances et outils. Il contribue à mettre en synergie les initiatives de chacun·e à travers des actions communes et des recherches partagées. Le réseau veut, ainsi, conformément aux principes posés par la convention de Faro : favoriser la reconnaissance mutuelle et les interactions entre les communautés patrimoniales, d’ici et d’ailleurs ; démocratiser la gouvernance du patrimoine au sein des politiques publiques en veillant à mettre au travail les droits culturels fondamentaux des personnes.

 

Cet événement s’inscrit dans le cadre du projet de recherche européen SECreTOUR (2024-2027 - grant agreement no. 101132584) auquel Bibracte participe et qui s’intéresse au rôle des communs patrimoniaux dans le développement des territoires ruraux.